L’an dernier, l’an prochain

D’habitude, je vous fais des bilans, principalement axés sur l’écriture, en octobre : juste avant le NaNoWriMo.
Cette année, manque d’organisation oblige, j’ai totalement échoué à vous le faire. Alors, de manière très originale, je propose un bilan général au 1er janvier.

Je n’ai pendant longtemps pas cru aux bonnes résolutions. C’est comme une vaste blague universelle, comme faire la promesse au monde entier d’une chose que tout le monde sait qu’on ne va pas tenir. Je n’en faisais pas, jamais. Ou alors je faisais des listes volontairement très longues et ridicules, dans le but de faire rire mon entourage.
Je ne sais plus trop comment j’en suis venue à, finalement, prendre de vraie résolution. Pourtant, à 25 ans, je me suis lancée.
Après le traumatisme de l’amnésie de 2014, j’ai réalisé que ma capacité d’attention et de mémorisation (les deux allant de pair) était devenue ridicule. J’étais incapable de tenir une conversation sans dériver, j’oubliais d’une minute à l’autre… A partir de là, j’ai décidé qu’en 2015, je ne perdrais jamais le fil. Une seule résolution, particulièrement complexe à tenir, qui a failli voler en éclats plus d’une fois.
Mais j’ai tenu, et je tiens toujours. Parfois je sens que je dévie, alors je demande pardon et coupe une conversation, puis je peste deux minutes le temps de refaire le cheminement mental, de reconstituer toute la conversation, avant de la reprendre au point où elle était en y voyant un peu plus clair.
Je suis devenue championne à ce jeu. Les gens ne se souviennent plus du fil, mais je suis capable de le reconstruire. Je suis un peu plus attentive, j’oublie un peu moins. Même si c’est un exercice fatigant, c’est assez gratifiant. Je ne perds plus le fil depuis le 1er janvier 2015 et j’ai bien l’intention que ça dure.
Je ne me souviens plus exactement comment j’ai formulé ma résolution de 2016, mais il y avait clairement une idée d’apprendre à m’écouter, être plus heureuse dans mon quotidien et approfondir l’écriture. Pari gagné, avec les DailyShorts et un blog plus actif en un an que pendant ses 5 précédentes années d’existence. Côté fiction longue, c’est un peu plus un échec avec un NaNoWriMo raté, mais c’est peu cher payé pour avoir trouvé un rythme d’écriture qui fonctionne (et un semblant de lectorat !)
Pari gagné également dans mon quotidien, avec un suivi psy qui me fait du bien, un traitement médicamenteux adapté à mes besoins (et que j’accepte de prendre), et moi qui apprends à faire attention à ce que mon corps me dit.
Bon, d’accord, la seule chose que je comprends c’est quand mon corps me dis « je vais mourir ». Mais déjà, je sais repérer ce signal, et je sais le décrypter pour savoir globalement comment réagir. Genre démissionner de deux boulots potentiellement dangereux pour mon équilibre (quel que soit leur niveau de coolitude à côté), pour atterrir dans un autre qui correspond plus à mes besoins… et que j’aurais assez peu de remords à quitter si ce n’est pas le cas, parce que maintenant je sais faire, je l’ai déjà fait.
Le plus dur reste le premier pas, même si les suivants ne sont pas toujours simples.
Alors certes les objectifs étaient moins définis qu’en 2015, mais je considère malgré tout mes résolutions tenues, et je prends un instant pour m’autocongratuler.
Bravo, Lia de 2016.
Voilà.
Du coup, je continue de faire des résolutions le premier janvier, et ce n’est pas juste pour rire, cette fois, parce qu’en me posant des buts atteignables, ça marche plutôt bien : avec le temps, une résolution tenue se transforme en habitude, jusqu’à ce qu’on ne se rappelle parfois même plus à quel point c’était difficile au début.
Cette année, j’ai déjà parlé de mes résolutions sur les réseaux sociaux, et je le fais très volontairement : plus j’en parle, plus mon entourage est au courant et me soutient. Ça crée peut-être une petite pression, mais j’ai besoin de ce soutien pour avancer et tenir le coup.
Alors voilà, pour cette année, j’ai isolé plusieurs points vraiment importants pour moi.

Le premier, et le plus important, c’est de continuer à travailler mon écoute de moi-même. Essayer de recréer le lien entre corps et esprit, deux entités franchement en conflit chez moi.
Visuellement, j’aime beaucoup mon corps. Le problème, c’est qu’en pratique, il y a des points qui coincent. Je suis trop faible physiquement à mon goût, ma respiration est trop courte, mes jambes (et mes genoux surtout) me portent mal. Tout ça se travaille, et c’est une sacrée résolution que de m’atteler à ce chantier.
Il y a l’idée de faire du sport, de trouver des exercices qui fonctionneraient pour moi, mais le point de travail concret sur le sujet passe par une lutte contre mes troubles alimentaires. Il va s’agir d’essayer de faire au moins un repas par jour… Et ce sera peut-être la résolution la plus difficile à tenir. Capable de rester trois jours sans manger parce que « pas faim » ou « j’ai oublié », dès que j’essaie de suivre les conseils des diététiciens pour manger mes trois repas par jour, c’est le drame : j’ai l’impression de passer mon temps à côtoyer la bouffe, et ça ne me va pas du tout. Je ne vis pas pour manger et la nourriture me rebute vite. Finalement, un repas par jour, ce sera déjà une bonne moyenne. Si je tiens toute l’année, je pourrai passer à deux repas, qui sait ?
Pour le lien corps/esprit, il y a un autre chantier, celui de l’identification des émotions et de leur impact. Mais ça, c’est un objectif beaucoup plus large, qui viendra avec le temps (et peut-être une nouvelle thérapie par EMDR ou hypnose, mais qui sait quand ?)

Le deuxième, c’est de continuer à développer mes activités créatives qui font tant de bien à ma caboche parfois trop tourmentée. Avoir passé le nouvel an dans un endroit avec un PIANO (après presque trois ans sans avoir pu en jouer) m’a confortée dans l’idée que j’étais certes très, très nulle en musique, mais qu’à cela ne tienne, ça me faisait du bien donc il fallait que je reprenne. Je vais donc continuer mon laborieux apprentissage du yodel (en ayant cette fois-ci un endroit où répéter, puisque chez le Poui, c’est a priori très bien insonorisé), mais également me remettre au violoncelle et voir ce qui me reste du peu de bases que j’avais. Je ne me fais pas d’illusions : je n’ai jamais été douée et ne le serai jamais. Je ne suis experte en rien, mais si je peux un peu tatouiller dans plusieurs choses, c’est déjà ça. L’important, c’est que je réussisse à exprimer des choses avec ça.
Je ne sais pas si ça rentre dans les activités créatives, mais je vais aussi approfondir l’apprentissage du suédois. Pour moi, c’est un excellent moyen de m’épanouir que d’apprendre des nouvelles langues, et c’est toujours très gratifiant de s’apercevoir que petit à petit, on passe du gloubiboulga de mots à « quelques trucs vaguement compréhensibles au milieu d’un magma de vernaculaire », avant d’atteindre le stade du « hé ! j’ai compris cette phrase ! »
J’aimerais bien avoir atteint ça d’ici fin 2017, voire même d’ici août, histoire d’être plus capable de m’exprimer que l’an passé quand j’irai bosser en Suède cet été.
Enfin, impossible d’atteindre le point créatif sans parler de l’écriture. Là, le chantier est déjà bien entamé, alors je m’autorise un peu plus d’ambition ! Il y a déjà garder le rythme des articles de blog du dimanche soir, et celui des #DailyShorts évidemment, même si je vais être un peu plus souple pour celui-là (des GuestWeeks plus nombreuses dont une qui commence demain, d’autres cycles comme Annabella, des DailyThoughts quand rien d’autre ne vient… l’idée étant de faire un post par jour, le plus souvent avant de dormir même s’il y a des exceptions). J’aimerais essayer de reprendre le rythme d’une nouvelle longue en français par mois, même si en 2016 c’était un échec : peut-être qu’en me fixant des dates précises j’y arriverai mieux ? Enfin, le vrai gros challenge, ce serait surtout un roman complété dans l’année, et une traduction au passage. Egalement, j’aimerais pouvoir vous parler du Projéseukrai au plus tard en février… Et vous annoncer au moins une publication dans l’année, mais là, ce serait vraiment le pompon !

Et sur un point plus « terre à terre », moins ambitieux, le petit automatisme que j’aimerais créer cette année (comme « ne pas perdre le fil » en 2015 ou « prendre le médicament à temps » en 2016), ce serait de trouver un point positif pour chaque point négatif ou anxiogène de ma vie que j’aurais vocalisé. Quitte à ce que ce soit ridicule (voire cynique ?) de temps en temps, c’est une gymnastique intéressante. Comme je prenais l’exemple tout à l’heure sur Twitter :
– ma boîte aux lettres a été fracassée et mon courrier volé, c’est anxiogène, c’est un stress car je dois la remplacer, c’est de l’argent pour rien, MAIS. Cela implique que je peux cesser de donner mon adresse aux gens (ne m’écrivez pas : je n’ai pas de boîte aux lettres, et ça tombe bien, parce que parfois je suis mal à l’aise quand on m’écrit), et surtout que je peux y réfléchir à deux fois avant de commander sur Internet (attends, est-ce que j’ai vraiment besoin de ça ? Si c’est le cas il faut que je le fasse arriver chez des amis ou dans un point relais. Non, je ne dois pas en avoir besoin.) Bref, plein d’économies ! Finalement je ne vais peut-être pas la remplacer, cette boîte aux lettres.
– mon interphone ne fonctionne pas, doit être changé mais je ne me fais pas d’illusions, c’est aux frais du propriétaire donc ça va prendre des lustres. J’habite au cinquième sans ascenseur, je dois descendre ouvrir aux gens avant de remonter, c’est épuisant, MAIS. Cela implique que j’y réfléchirai à deux fois avant de proposer à des gens de venir voir la tanière du Poui et que j’aurai donc un coin un peu plus perso, pour souffler sans être envahie, et que si je les invite effectivement je vais faire un sacré sport. (Ça peut aussi être l’occasion de prendre contact avec mes voisins pour les prévenir et voir s’ils peuvent me dépanner… ou d’apprendre la ponctualité à mes amis si j’en invite plusieurs d’un coup, car je ne fais qu’un voyage pour aller les chercher en bas ! :p)Je me demande à quel point je vais réussir à trouver un contrepoids positif à chaque galère que je rencontre, mais pour le moment, nous sommes seulement le premier de l’an et j’ai déjà des résultats rigolos…
Bref, nous verrons bien ce que cette année donnera : je serais contente de tenir chaque point de cette liste, et même si elle est plus longue que les années précédentes, elle me semble plutôt réaliste dans les buts à atteindre.
Prochain point résolutions en 2017 donc !
Et parce que c’est de mise : bonne année 2017 à tous !
Qu’elle soit belle, inspirante, créative, qu’elle vous permette d’avancer dans votre vie, de trouver vos réponses, de confirmer celles que vous avez déjà, et de poser toujours plus de questions ! Ne faites pas trop de résolutions ; juste celles que vous savez pouvoir tenir. Si vous ne les tenez pas toute l’année, rappelez-vous que chaque jour tenu est un pas en avant et qu’il y aura un prochain nouvel an. Si vous vous apercevez en cours de route qu’elles sont nulles, laissez tomber et faites-en d’autres !
Je vous souhaite tout le meilleur et rien de moins, et je vous dis rendez-vous par ici chaque dimanche soir de 2017, parce que moi, je pense bien tenir cette résolution-là !

Published byLia

Hobbite berserk à la plume acérée, aubergiste itinérante, éleveuse de peluches, geekàlunettes, mélomane, linguisticomane et psychocentrée : tant de centres d'intérêts, si peu de temps.

1 Comment

  • M.Mih

    13 janvier 2017 at 12 h 01 min Répondre

    J’ai apprécié ta manière de chercher du positif dans les déconvenues que tu rencontres. Et je suis aussi étonné du coté très personnel de ce que tu racontes… Ton site porte bien son nom…

    Je continue de le parcourir petit à petit, picorant par çi par là. Merci 😉

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