Un point sur l’écriture : Projet Bradbury, NaNoWriMo, le blog…

A seulement quelques jours du lancement du NaNoWriMo, après une grosse pause dans les articles consacrés à l’écriture, il serait grand temps de faire un point.

Maintenant que mon site a été intégralement retapé (même s’il me reste encore beaucoup de choses à remplir pour qu’il soit enfin complet), j’ai mis à jour hier la page de mon Projet Bradbury avec toutes les nouvelles que je n’avais pas postées au fur et à mesure.
Je n’ai pu que constater l’étendue du désastre : j’en suis à 19 nouvelles, alors que je devrais en être à 44. Dans les 8 ou 9 semaines qui nous séparent de la fin de l’année (déjà ? J’ai l’impression que 2015 est passée à toute allure…), il faudrait que j’écrive 33 nouvelles pour rattraper mon retard. Ce n’est pas insurmontable, bien sûr, tant qu’on ne me demande pas de toutes les relire ou les retravailler au fur et à mesure. Malgré tout, c’est compliqué, et quand bien même je le ferais, l’intérêt serait moindre : l’idée de base était quand même de me fixer des temps d’écriture réguliers pour réussir le défi.
Il ne me reste plus qu’à réessayer l’année prochaine — je le ferai sans doute.

Pour autant, je ne regrette pas un instant d’avoir tenté le coup. Tout comme le NaNoWriMo, le Projet Bradbury était un défi personnel, un marathon. Et chaque nouvelle écrite est une nouvelle en plus pour moi qui n’en écris d’habitude qu’une ou deux par an. En quelques mois, j’ai retrouvé pourquoi j’aimais réellement l’écriture. Je suis désormais à l’aise avec mon « jardinage », mes nouvelles écrites à l’ordinateur avec des vrais bouts de phrases pas finies, laissées en plan n’importe où pendant que j’écris ailleurs, pour revenir tout au début du texte, sauter en bas de la page le temps d’écrire la phrase finale, et faire du remplissage jusqu’à compléter l’histoire… Mais je suis également plus à l’aise avec le fait d’écrire avec papier et crayon au fil de la plume, sans trop savoir où je vais mais sans rien effacer, une faculté que j’avais perdue depuis mes études littéraires.
A trop étudier les effets de style, on dirait bien que j’avais fini par oublier à quel point il était important de ne pas sur-réfléchir chaque phrase pour le premier jet. Rien que pour ça, et malgré mes 33 nouvelles de retard, le Projet Bradbury de cette année a été un immense pas en avant.

En plus, grâce à la relecture fréquente que Rain a faite de mes textes, et moi des siens, j’ai appris à distinguer les points qui alourdissaient un texte, les points qui le rendaient plus fluide, et surtout, globalement, ce qui différenciait un « texte qui marche » d’un « texte qui retombe comme un soufflé ». Et ça se ressent à la lecture de tout ce que j’ai pu écrire ces derniers temps : on voit l’évolution entre janvier et maintenant.

Cela fait depuis 2012 que je tente de « renouer avec l’écriture ». Après 2006 et le début de toutes mes grosses galères psychologiques, je n’avais pratiquement plus écrit que pour évacuer mes trop plein, sans aucune portée narrative. A chaque fois que je tentais de retourner à l’écriture, cela finissait immanquablement en introspection pseudo-narrative plus ou moins dégueulasse.
On dirait bien que 2015, enfin, a été l’année qui m’a permis de retrouver les vraies joies du récit fictif… J’ai retrouvé le bonheur de l’écriture pas forcément pompeuse, ni académique, ni centrée sur moi-même (malgré les 50 000 mots de #LiaEnScandinavie, qui n’ont pas définitivement pas été les plus épanouissants que j’ai écrits cette année, même s’ils constituent un sacré achèvement personnel). Par exemple, un projet comme celui que j’ai lancé pour le Ray’s Day aurait été inimaginable il y a un an ou deux. Cette année, non seulement il a été réalisé, mais en plus j’y ai pris un plaisir fou.

Alors cette fois-ci, j’attaque le NaNoWriMo bien plus sereinement que toutes les fois précédentes : j’ai atteint les 50 000 mots l’an passé, j’y parviendrai cette année. Je suis toujours angoissée par la responsabilité de gérer une région, mais l’auteur en moi, elle, sait que tout va bien se passer. Et que même si je ne fais pas 50 000 mots, chaque mot écrit sera un mot de plus.
Et puis, cette année, je ne vais pas me poser des attentes impossibles ou partir dans un roman ultracomplexe au plan foireux. Je me lance dans une NaNo-rebellion des familles, avec au programme plein de petites réjouissances.

Tout d’abord, la rédaction du jeu de rôle Archéonirie, qui me trotte dans la tête depuis juin dernier. J’en ai déjà pas mal parlé autour de moi, j’ai pu recueillir plusieurs points de vue sur les mécanismes et en tirer quelques idées qui devraient bien fonctionner une fois l’univers posé et aussi stable qu’il peut l’être. Mais cela risque bien de ne pas dépasser les quinze ou vingt mille mots.
Ensuite, une série d’articles de blog, afin de tenter de prendre l’habitude de poster plus régulièrement. La plupart des articles suivront le thème « Exorciser ses démons » : ça parlera de Narcisse, mais pas que, et j’espère que ça m’aidera à continuer à avancer. On ne se débarasse pas de l’écriture-introspection si facilement. Mais d’autres seront moins personnels : cela fait longtemps que j’ai envie de vous parler de mes coups de coeur culturels, et il est grand temps que je prenne l’habitude d’écrire à leur sujet ! Alors si le NaNoWriMo peut me forcer à être plus régulière dans le post de blog, autant en profiter. Même si ce ne sont pas des romans. (Je ne me sens pas encore prête pour un roman, de toute façon. Il faut que je mette des points finaux à d’autres choses avant. Mais j’ai hâte de m’y mettre, vraiment hâte, maintenant.)
Enfin, des nouvelles à foison pour essayer de sauver la face avec mon Projet Bradbury. Je ne prétends pas atteindre les 52 nouvelles en tout, mais si je pouvais en faire au moins 30 que je retravaillerai pour tenter de les envoyer à des appels à textes, j’en serais très satisfaite. Les publications c’est comme les tatouages : quand on le fait une fois, on n’a qu’une envie, recommencer…

Le tout va être de ne pas faire comme #LiaEnScandinavie (dont la plupart des chapitres ont été écrits entre 1h et 5h du matin) ou comme le Projet Bradbury et mon rythme d’écriture erratique : il va falloir que je me trouve vraiment une régularité d’écriture. Et ça, grâce à tout le chemin que j’ai déjà fait, je pense que ça ne peut pas être si difficile. Si ? Novembre nous le dira : il sonne comme un mois d’aventure, grâce au NaNoWriMo, et grâce à la nouvelle vie qui s’annonce et dont j’aurai sans doute beaucoup à vous dire plus tard.

Bref : tout reste à écrire… et tout ça me met en joie comme jamais.

Published byLia

Hobbite berserk à la plume acérée, aubergiste itinérante, éleveuse de peluches, geekàlunettes, mélomane, linguisticomane et psychocentrée : tant de centres d'intérêts, si peu de temps.

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