TFGA 2 : Les morts les plus marquantes

Je pensais vous faire un article beaucoup plus ambitieux cette semaine, mais comme d’habitude, la semaine a été trop courte. Alors tant pis, il va falloir me lire pendant que je ressasse mes souvenirs vidéoludiques. (Oh ben zut alors!)

Je me lance donc dans ce deuxième TFGA qui, je l’annonce immédiatement, va être PLEIN DE SPOILERS. Car le thème de cette semaine, c’est «les morts les plus marquantes».

Le ton est donné, vous voilà avertis.
J’espère néanmoins que vous trouverez votre compte dans ce petit top 5 !

#5 : Lux Pain, de Killaware

J’ai un peu parlé de Lux Pain sur Twitter dernièrement, parce que je me suis replongée dedans il y a une dizaine de jours. J’avoue, c’est en grande partie la faute de cet article. Quand on m’a dit «mort la plus marquante», c’est un des premiers jeux qui m’est venu en tête.

Lux Pain, c’est un visual novel un peu atypique (pas trop non plus, n’exagérons rien), avec une atmosphère vraiment particulière : moitié légère et « vie lycéenne », quasi dating-sim sur certains points… et moitié lourde et oppressante avec une histoire vraiment dérangeante parfois.
Alors au début on s’attache, on trouve les personnages mignons, on ne s’attend pas forcément à ce qui vient après, on se dit que le jeu a une volonté de background intéressant mais qu’en fait c’est un dating sim comme un autre…
…et une fois que notre méfiance est bien endormie, le jeu frappe. Un à un, les personnages tombent comme des mouches, alors qu’on ne s’y attendait plus du tout. Et le jeu prend une toute autre ambiance, glauque, pesante. (J’ai souvenir d’avoir fini par me sentir vraiment mal en jouant et même arrêté d’y jouer un moment, car j’étais trop sensible au mal-être des personnages…)

Beaucoup de morts sont marquantes, mais parmi elles, une en particulier laisse un goût amer : celle de Yayoi Kamishiro, dont la sœur arrive paniquée à un moment car elle a disparu. L’accès à la carte qui permet de se déplacer de lieu en lieu se débloque et on a alors droit à 3 essais maximum pour retrouver Yayoi.
Si on échoue, elle met fin à ses jours et l’impact sur l’histoire (et le moral du joueur) est assez significatif.

Mais cette première mort n’est que la première d’une longue suite… il faut avoir le cœur bien accroché.
Bref, en termes de morts, ce jeu est un des premiers à me venir à l’esprit. Et franchement, malgré sa localisation tristement désastreuse, il reste extrêmement immersif — et vraiment dérangeant.

#4 : Sam and Max saison 3 – The Devil’s Playhouse, de Telltale Games

Vous commencez à me connaître : Sam and Max, c’est une institution, chez moi.

Faut-il vraiment que je vous re-présente ce duo de casse-cous (mais pas les leurs) ?
Un chien, un (truc qui ressemble vaguement à un) lapin, des gros flingues, de la violence stupide et gratuite, des enquêtes totalement improbables, des non-sequitur à coucher dehors pour les résoudre. Une logique bien spéciale à acquérir pour avancer aussi, à base d’objets incongrus combinés avec d’autres objets incongrus… Bref : tout ce que j’aime.

J’ai mis un moment avant de faire la saison 3 de la reprise de Sam and Max par Telltale Games, faute d’avoir une carte graphique appropriée, et j’ai enfin pu les finir l’an passé. J’avais terminé les saisons 1 et 2 (plusieurs fois : elles étaient moins gourmandes mais ils ont changé le moteur entre la 2 et la 3), je m’attendais à quelque chose de similaire pour la 3.
En fait non.
La saison 3 des Sam and Max de Telltale, c’est un gameplay assez différent, des énigmes qui ne suivent pas vraiment la même logique, et une ambiance très travaillée, mais pas sur le même plan.
Et surtout Max meurt.
Et ça, je ne m’en remettrai pas, jamais. La fin de la saison 3 des Sam and Max de Telltale reste une des fins les plus amères que j’ai subies dans les jeux vidéo. Je ne sais pas si je leur pardonnerai.

Mais il faut quand même faire ces jeux, hein. Parce qu’ils sont bien. Et puis bon, ça reste Sam and Max. On ne peut pas se tromper avec Sam and Max.

#3 – The Elder Scrolls 3 – Morrowind, de Bethesda Softworks

Je ne vous ferai pas l’affront de vous présenter les Elder Scrolls. Pour autant, je sais que beaucoup rechignent un peu à lancer Morrowind désormais, beaucoup trop dur, beaucoup moins beau que les plus récents…

(même si le ciel de Morrowind reste encore maintenant un des plus beaux du jeu vidéo, j’ai dit.)

Pourtant, même si vous n’avez pas joué très longtemps à Morrowind, normalement, les premiers temps de jeu suffisent à rencontrer cette mort. Enfin, ce mort plutôt.

(Vous pouvez couper la vidéo après 30 secondes, c’était juste pour vous rappeler cette chute mythique.)

Il est devenu emblématique, ce fameux mage qui vient s’écraser à côté de vous alors que vous quittez Seyda Neen, première bourgade du jeu, pour la première fois, en direction de Balmora.
Son journal qui raconte ses désastreuses expériences (qui l’ont conduit à un tel résultat) vous informe qu’il pourrait être une mauvaise idée d’utiliser le parchemin d’Icare que vous trouvez sur lui (ou alors il vaut mieux sauver avant).
Honnêtement, personnellement, c’est mon rayon de soleil entre deux braillards des falaises, cette chute. Je me la repasse de temps en temps, juste pour rigoler.

Et si vous n’avez jamais lancé Morrowind, vous en avez forcément déjà entendu parler. Il est même parodié jusque dans Magicka, tiens, si mes souvenirs sont exacts.

 

Sacré mage de Seyda Neen. Il ne voulait que voler, après tout.

#2 : Little Inferno, de Tomorrow Corporation

Alors que la Lia de 2013 était toute occupée à passer jouet après jouet dans l’âtre brûlant, appréciant les animations amusantes et décryptant des combos parfois capillotractés, la scène se fige.

Sur l’écran, rien de trop anormal. Mais soudain, le tremblement. Dans les oreilles, des bruits qui secouent les tripes, une musique belle à pleurer…

…Et un cri à glacer le sang.

Apparemment, la voisine n’enverrait plus jamais de messages stupides et mal orthographiés par la cheminée…

La main un peu tremblante, la Lia de 2013 reste figée devant son écran, le cœur battant à toute vitesse. Visuellement, aucune violence, rien. Sa tête a tout fait.

Le jeu est sauvegardé, l’ordinateur éteint, un livre léger et agréable saisi au passage avant de rejoindre le lit.
Assez d’émotions pour ce soir.

(Oui, j’ai été traumatisée par ce jeu. Et comme je vous ai déjà parlé de Little Inferno dans le précédent TFGA, je me suis dit que j’allais vous en parler un peu différemment.)

#1: La série des King’s Quest, de Sierra Entertainment

Deuxième série de point’n’click de ce TFGA, sans surprise à vrai dire : ça demeure mon domaine de spécialité après tout.

Le principe des King’s Quest est globalement simple : une famille royale, des mésaventures (souvent à base de méchants sorciers et d’autres membres de la famille en danger), des quêtes dans des pays directement tirés de la mythologie, de la faerie, des contes et légendes ou simplement d’univers oniriques, des objets parfois invisibles à l’oeil, des événements qui arrivent qu’une fois, et surtout, des point’n’click avec un gameplay ATROCEMENT PUNITIF.

(Le traumatisme de King’s Quest V et son foutu chat à qui il faut balancer une chaussure qui n’apparaît qu’UNE SEULE FOIS SUR UN SEUL ECRAN et si on ne le fait pas CETTE FOIS-CI PRECISEMENT on reste bloqué 15mn après car la souris qu’il pourchasse ne vient pas nous sauver et on MEURT MEURT MEURT et on RECOMMENCE TOUT parce que la sauvegarde est trop récente et qu’on ne peut déjà plus voir le chat. King’s Quest ou les jeux qui vous apprennent à faire mille sauvegardes différentes avec des noms bien précis pour être sûr de ne rien rater et de ne pas devoir recommencer tout à zéro…)

Et pour bien accentuer ce côté punitif du détail raté qui bloque tout le jeu, ou du clic un pixel trop loin sur un escalier qui conduit à une chute ridicule mais mortelle, ou du malheur de parler au personnage qu’il ne fallait pas, ou de ne pas être assez vite passé d’un écran à un autre, chaque King’s Quest a sa manière de présenter la mort, souvent à base de petite phrase d’humour noir qui enfonce bien le clou et donne envie au joueur, soit de rire jaune, soit de jeter son ordinateur par la fenêtre.

Une rapide recherche sur Youtube permet de se rendre compte de la quantité absurde de morts possibles dans ces jeux.

Exemple type avec la falaise de King’s Quest VI, où il s’agit de cliquer précisément sur chaque marche… sans quoi on se brise vite le coup.

Malgré ce côté mortellement frustrant, les King’s Quest restent des incontournables et on se surprend parfois à mourir exprès pour avoir la petite phrase acerbe qui ponctue bien l’échec… enfin, pas trop souvent quand même.

Voilà pour ce nouveau top…
-HEY, OH.
Ah ?
– ON N’OUBLIERAIT PAS QUELQU’UN ?
…bien sûr. Comment ai-je pu omettre la mort la plus marquante de toutes, la seule, l’unique…

..LA Mort !
– NE VA PAS ME SORTIR L’EXCUSE DE L’ADAPTATION VIDEOLUDIQUE, C’EST TROP FACILE.

C’est vrai que c’est un peu facile, mais c’est quand même la vérité. J’ai quasi directement pensé à la Mort du Disque-Monde en voyant le thème de ce TFGA, mais j’ai eu l’impression que c’aurait été un peu tricher. Après tout, cette Mort-là, elle vient de livres, pas de jeux vidéo, initialement.
Pour autant, ça reste LA Mort et ne pas la mettre aurait été un crime. Alors j’en profite pour faire un petit clin d’oeil à une troisième série de point’n’clicks, adaptés de l’excellente série de livres de fantasy burlesque écrite par Terry Pratchett : les Discworld de Perfect Entertainment.

Fantastiquement fidèles aux livres, tordus à la limite de l’infaisable sans la solution, ces jeux sont la dose d’humour et de fantasy parodique dont votre quotidien a besoin.

Je vous laisse donc sur cette merveilleuse première rencontre avec la Mort, dans Discworld 1, qui me semble être une manière parfaite de clore cette article.

« DON’T START READING ANY LONG BOOKS ! »

Sur ce, jouez bien, et rendez-vous au prochain TFGA !

Published byLia

Hobbite berserk à la plume acérée, aubergiste itinérante, éleveuse de peluches, geekàlunettes, mélomane, linguisticomane et psychocentrée : tant de centres d'intérêts, si peu de temps.

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